la démographie francilienne se caractérise par un solde migratoire négatif avec le reste de la France ;
un déséquilibre persiste et même s'accroît, en termes de population, d'emplois et de niveau social, entre l'ouest et le sud de l'agglomération d’une part et l'est et le nord d’autre part ;
les difficultés de la vie qui tiennent au coût du logement, aux difficultés de déplacement, aux pollutions et aux nuisances, ont tendance à s'aggraver ;
la densité de l'hypercentre francilien (Paris intra muros et quelques communes limitrophes), déjà unique en Europe, augmente. La densité de la proche couronne est souvent comparable à celle du centre des métropoles régionales ;
l'urbanisation anarchique, en tâche d'huile, se poursuit dans les zones rurales.
IDFE considère que "l'attractivité" de l'Ile-de-France doit être envisagée en priorité pour ses habitants, qu'elle repose sur l'amélioration de la qualité de la vie, celle-ci supposant la réduction des inégalités économiques, sociales, démographiques et environnementales.
C'est pourquoi IDFE réaffirme son attachement aux principes qui suivent :
1 - Polycentrisme
un aménagement francilien durable, économe de l'espace, de l'énergie, réducteur des pollutions et des nuisances, en cohérence avec la priorité aux transports collectifs, ce qui suppose un aménagement polycentrique ;
le développement sélectif de quelques centres urbains groupant lieux de décision, équipements publics, centres commerciaux, centres culturels et de loisirs, gares, habitat, activités.
2 - Urbanisme
Dans l'hypercentre francilien :
stabilisation de la densité de population, voire desserrement chaque fois que cela est possible ;
arrêt de la densification du bâti : abandon définitif de l'urbanisme des tours, gros consommateur d'énergie et destructeur du lien social ;
maintien d'espaces ouverts entre Paris et les communes voisines par la sauvegarde de la ceinture verte parisienne, ainsi que des bois de Vincennes et de Boulogne.
En proche couronne :
limitation de la densité de population au niveau de celle des centres des métropoles régionales ;
préservation des quartiers d'habitat individuel subsistant dans les banlieues denses ;
reconstruction de la ville en réaménageant les friches industrielles, les délaissés des infrastructures de communication, les terrains d'Etat mal utilisés et les grands ensembles à restructurer.
En grande couronne :
croissance démographique modérée et localisée en fonction des infrastructures de transport et du potentiel local d'activités ;
restriction des espaces constructibles en zone rurale ;
poursuite, dans leur emprise actuelle, du développement des villes nouvelles non achevées (Sénart, Marne-la-Vallée) ;
développement des villes moyennes par l'implantation d'activités, d'équipements publics et par une urbanisation de densité raisonnable, peu consommatrice d'espace ;
arrêt de l'urbanisation des bourgs, villages et hameaux, si ce n'est de façon modérée, strictement encadrée, respectant les paysages et le caractère de l'habitat local.
3 - Habitat
maintien d'une offre diversifiée : immeubles collectifs de zone dense, petits immeubles collectifs ou semi-collectifs, maisons individuelles, en particulier sous forme de maisons de ville ; locatif, locatif aidé, accession à la propriété ;
mixité du tissu urbain : mélange d'habitat, d'équipements publics et d'activités et insertion systématique d'un habitat social.
4 - Equipements et activités
Dans Paris et les Hauts-de-Seine :
arrêt de la concentration des emplois, en particulier autour de La Défense.
En petite couronne est et nord :
rééquilibrage vigoureux, mais respectueux de l'environnement, des activités à forte valeur ajoutée.
En petite et grande couronnes :
renforcement des principaux centres urbains en moyens universitaires, culturels et administratifs ;
revitalisation du commerce et de l'artisanat de proximité;
arrêt du développement des grandes surfaces commerciales.
5 - Recherche
Maintien de pôles de recherche forts en Ile-de-France, ce qui n'interdit pas la consolidation de pôles importants dans d'autres régions ;
Création d'un pôle scientifique important en Seine-Saint-Denis, sur un site précis (plaine Saint-Denis, Le Bourget ou Bobigny) attirant des équipes de premier plan.
6 - Déplacements
Transports terrestres :
application du PDU régional: développement des circulations douces de proximité amélioration des transports collectifs existants ; limitation du trafic automobile individuel et des deux roues polluants ;
réduction du trafic des poids lourds par transfert de fret sur le fer et la voie d'eau ;
accélération des aménagements de transports collectifs circulaires et desserte prioritaire des pôles à restructurer en petite couronne, des villes nouvelles et des villes moyennes en grande couronne ;
arrêt des projets autoroutiers ;
implantation d'activités, de commerces et de centres de loisirs seulement dans des zones desservies par des transports collectifs.
Transports fluviaux :
développement du transport par voie d'eau de passagers et de marchandises, dans le respect des autres usages et de la revégétalisation des berges.
Transports aériens :
stabilisation du trafic aérien diurne au niveau actuel et réduction drastique du trafic aérien nocturne de Roissy ;
pas de redéploiement du trafic vers les aérodromes d'aviation générale.
7 - Espaces naturels
préservation des espaces agricoles dans le périurbain et dans les zones de grande culture ;
traduction de la politique de la ceinture et de la trame vertes dans les règlements et les documents d'urbanisme ;
mise en valeur des jardins, parcs, espaces naturels et forêts et mise en réseau par des liaisons vertes ;
protection dans les PLU des bois et forêts par classement en "espace boisé classé" et des autres espaces naturels par délimitation des périmètres ;
protection renforcée des vallées et des sites d'intérêt paysager ou écologique ;
protection et mise en valeur des cours d'eau, de leurs berges et des zones humides ;
protection renforcée (population, habitat, activités, équipements) des parcs naturels régionaux
8 - Patrimoine bâti
protection et mise en valeur du patrimoine historique y compris par appropriation par les collectivités territoriales, à condition que l'Etat leur en transfère les moyens ;
identification et protection, dans les documents d'urbanisme, du patrimoine vernaculaire.