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L'éco région d'Ile-de-France -Les méthodes de la réflexion d'IDFE
sur l'éco région

I – LE CHOIX DE L’HORIZON 2050

Imaginer le futur à un horizon aussi lointain que 2050 peut paraître audacieux. N’y aura-t’il pas, avant cette date, de profonds bouleversements dans le domaine économique, social, stratégique, technologique ou autre ?

Pourtant, si l’on se tourne vers le passé, la date symétrique de 2050 est celle de 1962. C’est la date du recensement de la population qui a servi de fondement au SDAURP de 1965. C’est celle de la fin de la guerre d’Algérie, l’époque du Général De gaulle au pouvoir, deux ans après l’ouverture de l’autoroute du sud, un an après la création du District de la région de Paris, quatre ans avant sa transformation en préfecture de région et la création des huit départements actuels, quatre ans après la création de l’Etablissement public de La Défense, sept ans avant ceux des premières villes nouvelles et l’ouverture du premier tronçon du RER. Bref, 1962, c’est hier.

Lors des premières réunions concernant la préparation du nouveau SDRIF, IDFE, tout en admettant qu’une planification régionale précise ne pouvait dépasser l’horizon temporel retenu, à savoir 2025, avait émis le vœu que des coups de projecteur soient lancés vers un avenir à plus long terme : le milieu du siècle. C’est donc en pleine cohérence avec cette revendication qu’IDFE a choisi l’horizon 2050 pour une réflexion sur l’éco-région. Cet horizon est à peine plus éloigné que celui (2000) retenu en 1962 par Paul DELOUVRIER pour le SDAURP. Certes, certaines des prévisions effectuées à l’époque se sont révélées erronées, par exemple les prévisions démographiques : 1965 a en effet été précisément l’amorce de la baisse de la fécondité (stable à un niveau élevé depuis une vingtaine d’années), suivie peu après d’un renversement des courants de migrations entre l’Ile-de-France et le reste du pays (inversant un mouvement plus que centenaire) et, après la crise du pétrole (1973-1974) d’un freinage de l’immigration de main d’œuvre. Mais bien d’autres prévisions se sont avérées pertinentes. Ainsi de la nécessité de développer les transports en commun (cela a conduit à réaliser le RER), alors que l’opinion quasi unanime des spécialistes de l’époque était que ceux-ci allaient tomber en déshérence avec la généralisation de l’automobile. La politique de desserrement des activités a permis de réduire de la moitié au tiers du total régional les emplois localisés dans Paris et de stabiliser les effectifs de migrants alternants (en croissance rapide depuis un siècle) vers le centre, mais a accru les migrations banlieue-banlieue.

Un exercice de réflexion à long terme est donc nécessaire. Un concept tel que celui de l’éco-région suppose des modifications dans les comportements des Franciliens, dans les pratiques administratives et dans les financements publics, dans les mécanismes régissant l’économie des entreprises, et sans doute dans bien d’autres domaines, telles qu’une génération et demie est finalement bien peu. Compte tenu de la baisse de la mortalité, la moitié des Franciliens actuels seront encore vivants au milieu du siècle. Bref, 2050, c’est demain.

II – LA METHODE : UNE REFLEXION PROSPECTIVE

Si une réflexion à très long terme s’imposait, et si l’horizon 2050 apparaît finalement pas si éloigné que cela, il n’en reste pas moins que de multiples interrogations entourent cet horizon et la période de 44 ans qui nous en sépare.

1 – Les méthodes inadéquates : projection, scénarios, futurologie, science-fiction

Dans ce contexte, une certitude s’imposait : il fallait éviter d’établir une prévision de ce que serait l’Ile-de-France en 2050. Les prévision démographiques, économiques et sociales reposent le plus souvent sur l’analyse d’une évolution sur une période courte (le dernier intervalle entre deux recensements le plus souvent) et sur sa projection dans un avenir souvent beaucoup plus éloigné. Outre que ces projections de tendance ne permettent de prendre en compte aucun changement de tendance (et sont donc conservatrices par essence), une erreur sur les point de départ ou sur le point d’arrivée de la période de référence (ou sur les deux) conduit à multiplier cette erreur dans le futur : les prévisions démographiques successives pour l’Ile-de-France, notamment celles de l’INSEE, ont mis ce risque en évidence.

On aurait certes pu, comme il est d’usage fréquent dans les études d’aménagement du territoire, établir plusieurs scénarios alternatifs. Mais cette méthode est en réalité en trompe l’œil. Popularisée notamment par la DATAR[1], elle consiste le plus souvent à construire trois scénarios :

  • la prolongation des tendances passées (scénario duit du fil de l’eau),
  • une aggravation des tendances défavorables (scénario dit de l’inacceptable),
  • une correction des tendances défavorables (scénario vertueux).

En fait, cette méthode n’offre qu’un choix illusoire au planificateur ou au décideur puisque le troisième scénario lui paraît d’emblée s’imposer.

Une troisième approche qui a été écartée est celle de la futurologie : celle-ci vise à prévoir le futur, un futur présenté comme unique, voire comme le seul possible, par une démarche de prédiction. Son absence de statut scientifique la déconsidère ici.

Enfin, une quatrième approche, celle de la science-fiction n’a pas été retenue. Celle-ci consiste en une « conjoncture romanesque rationnelle », qui ne repose non plus sur aucune base scientifique, mais qui favorise la réflexion. On n’a pas résisté cependant au plaisir que procure cette démarche dans quelques cas où l’on a voulu marquer les esprits : on trouvera ainsi une telle présentation de l’avenir du transport aérien[2].

2 – La méthode prospective

La démarche prospective[3] est en quelque sorte l’opposé de la futurologie. La prospective ou « art de la conjecture », selon Bertrand de Jouvenel[4], s’appuie sur une connaissance de l’histoire qui insuffle une grande prudence à l’égard du changement à tout prix. Elle « hésite sans cesse entre le probable, le plausible et le vraisemblable. Elle fait du futur, qu’elle considère comme inconnaissable par nature, usage apparemment paradoxal »[5]. La prospective « part de l’exploration de l’avenir, non pas un avenir déduit, mais une pluralité d’avenirs imaginés »[6].

Il ne s’agit donc en aucun cas de prévoir ce que sera l’Ile-de-France vers 2050, encore moins de prolonger les tendances pour les projeter jusqu’à cette date, mais d’examiner les évolutions possibles et de souligner, parmi les futurs vraisemblables, non le plus probable, mais le plus souhaitable, qui soit néanmoins plausible. Il s’agira de dégager les voies qui permettent d’envisager d’atteindre ce futur plausible et souhaitable que sera l’éco-région.

III – LES CRISES ET LES RUPTURES A PRENDRE EN COMPTE

1 – Evolution des paramètres du futur ou analyse des crises et des ruptures ?

Si la prospective se différencie radicalement des autres formes d’exploration du futur, qu’on a rejetées, c’est parce qu’elle imagine une pluralité de futurs. Quels sont les facteurs qui peuvent entraîner une différenciation significative des futurs possibles ?

Il ne s’agit pas ici de discuter de l’évolution quantitative de certains paramètres, comme on le fait trop souvent en matière de prévision, ce qui conduit à construire plusieurs hypothèses, le plus souvent trois (hypothèse haute, hypothèse basse, hypothèse moyenne, généralement retenue). Le seul intérêt de cette démarche est de souligner la marge d’incertitude qui grève les prévissions ainsi établies. Dans un exercice comme celui de l’avenir de l’Ile-de-France, les paramètres à prendre en compte, et pour lesquels il faudrait établir des hypothèses (en général plusieurs pour chacun de ces paramètres sont extrêmement nombreux. Citons, sans prétention à l’exhaustivité :

  • les paramètres démographiques[7] :
  • la fécondité qui peut, comme dans le passé se modifier fortement, brutalement (1943, 1965-1975) ou de façon plus continue (2000-2005) ;
  • la mortalité (dont l’évolution, plus continue, est plus aisément prévisible) ;
  • les courants migratoires entre l’Ile-de-France et le reste de la France : en faveur de l’Ile-de-France pendant au moins un siècle et demi, ils se sont brutalement inversés atour de 1970 ;
  • les migrations étrangères, soumises aux réglementations et aux politiques nationales et européennes, à la pression des pays les plus pauvres et à de nombreux autres facteurs ;
  • le vieillissement de la population, qui résulte du jeu des paramètres précédents ;
  • l’évolution de la structure des ménages ;
  • les paramètres économiques, parmi lesquels :
  • le rythme de la croissance économique mondiale,
  • les effets de la mondialisation,
  • le coût des matières premières, et en particulier des ressources énergétiques,
  • etc.
  • les modes de vie et les rythmes de vie :
  • la relation au travail quotidien,
  • la propension à la mobilité dans le cadre de la journée,
  • la prise en compte des valeurs de solidarité,
  • etc.

On pourrait allonger cette liste. Il est clair que le croisement des diverses hypothèses relatives à ces nombreux  paramètres conduirait à une multiplicité de prévisions distinctes entre lesquelles il serait impossible de lire les éléments déterminants.

2 – Les grandes crises prévisibles

On fera donc un choix tout différent : celui d’imaginer les crises majeures qui risquent d’affecter l’Ile-de-France au cours du prochain demi-siècle et qui, si elles ne sont pas appréhendées dans toute leur ampleur et à travers leurs conséquences possibles, risquent de rendre vain l’espoir de construire une éco-région.
Trois crises majeures, apparues à la findu XXe siècle, amis qui ont de grandes chances de s’accentuer fortement au cours des décennies à venir, menacent la société à l’échelle de la planète, mais aussi à l’échelle nationale et à l’échelle régionale.

La crise énergétique [8] :

Le pire n’est pas certain, mais il faut s’y préparer. On ne peut exclure que l’humanité soit capable de faire face à l’épuisement futur des ressources fossiles, et en particulier du pétrole et du gaz. Il ne s’agit pas de reprendre sans discussion les prévisions les plus pessimistes (comme celles de Campbell qui annonçait la diminution de la production de pétrole à partie de … 2005 ou celles de ses émules qui évoquent désormais 2010). Les producteurs de pétrole estiment disposer de pétrole classique pour quarante ans environ au rythme actuel de consommation (moins si ce rythme s’accélère comme cela semble être le cas récemment avec le développement de pays tels que la Chine et l’Inde). Ils estiment même pouvoir mobiliser ensuite des pétroles non classiques (schistes bitumineux, sables asphaltiques, gisements en mers profondes, gisements sous les calottes glaciaires, liquéfaction du gaz ou du charbon, etc.). Mais l’extraction de ces pétroles non classiques posera des problèmes environnementaux. Leur coût sera en tout cas beaucoup plus élevé. Quelle que soit la date du « pic de production » (2010, 2020 ou après), il serait irresponsable de ne pas s’y préparer. Certes, le gaz, plus abondant dans la nature, ne sera pas épuisé aussi vite, mais les réserves ne pourront couvrir que quelques générations te le gaz ne pourra se substituer au pétrole dans tos ses usages. Enfin, il est lui-même polluant et producteur de gaz à effet de serre. Et, même s’il ne devait pas y avoir de crise grave du pétrole (hypothèse irréaliste), la nécessaire réduction des pollutions et des émissions de gaz à effet de serre imposerait de prévoir « l’après pétrole ». Plus tôt cette adaptation sera entreprise, moins douloureux en seront les conséquences et plus les émissions de polluants et de gaz à effet de serre seront réduites.

La crise climatique

Là encore, le pire n’est pas certain, mais il faut s’y préparer pour le cas où il se produirait. Le seul fait certain est que la température moyenne sur la planète a augmenté de 0,5° au cours du XXe siècle (on ne dispose de mesures que depuis 1860) et que ce réchauffement a été sans équivalent dans le passé au cours d’une période aussi brève à l’échelle géologique. On sait aussi que le mécanisme d’effet de serre dépend non seulement des émissions actuelles de gaz à effet de serre, mais des émissions passées et qu’il faut plusieurs décennies, voire plusieurs générations, pour en éliminer les effets. Ce qui signifie que, même si les mesures draconiennes adéquates de limitation des émissions étaient adoptées aujourd’hui par la communauté mondiale et mises en œuvre, un réchauffement de la planète se produirait au XXIe siècle[9]. Certains ont avancé des hypothèses catastrophistes d’un possible réchauffement de 6° de la planète. Les scientifiques crédibles s’accordent sur une fourchette de 1,5° à 3,5°[10]. Celle-ci correspondrait à une fourchette de 0,5° à 1,5° à l’horizon du milieu du siècle. On a dit que cette élévation moyenne de température serait inégalement répartie à travers le globe. De nombreux scientifiques estiment que l’Europe occidentale souffrirait plutôt d’un refroidissement dû à l’affaiblissement du gulf stream en raison de la fusion d’une partie des glaces polaires[11]. Quoi qu’il en soit, là encore, il serait irresponsable de tabler sur les hypothèses les plus optimistes. En tout état de cause, la France - et a fortiori l’Ile-de-France, région la plus riche donc qui dispose des plus grands moyens pour s’adapter – ne peu pas ne pas être solidaire de changements climatiques dont elle subira les effets, directement et indirectement, par exemple en cas de sécheresse croissante dans des pays déjà en situation critique (pays du Sahel en premier lieu, mais aussi pays du Maghreb et du Moyen-Orient notamment).

Crise énergétique et crise climatique se rejoignent largement, puisque la réponse à l’une comme à l’autre suppose une limitation, volontaire ou forcée, de la consommation d’énergies fossiles.

La crise sociétale

D’une tout autre nature est la crise sociétale. Celle-ci se présente en effet en des termes différents selon les pays. Dans le cas de la France, elle s’est manifestée de façon spectaculaire au cours de la période récente à travers les émeutes de jeunes dans certains quartiers de banlieue et à travers l’émergence de multiples problèmes intercommunautaires.

Il faudrait pourtant être aveugle – et il y a bien eu aveuglement collectif – pour ne pas avoir vu les prémices de cette crise. Les premières émeutes dans des quartiers de banlieue datent de 25 ans (1981 aux Minguettes dans la banlieue de Lyon). La construction, la dégradation et la stigmatisation des grands ensembles des années 1955-1975, la concentration dans ces derniers des immigrants et de leurs descendants (liée à la politique des aides au logement), la montée du chômage depuis la première crise du pétrole (11973-1974), l’affaiblissement des ciments traditionnels du modèle républicain (l’école, l’éducation parentale, l’apprentissage des valeurs communes, le service militaire, l’entrée sur le marché du travail) ne pouvaient que conduire à une situation explosive.

Il faudrait être encore plus aveugle pour penser qu’il s’agissait d’une crise événementielle et que le pire était passé. Les mêmes causes étant toujours à l’œuvre, aggravées par une prise de conscience collective par les exclus de la société de leur capacité de faire peur, on peut redouter la multiplication à l’avenir de tels incidents. Ceux-ci peuvent avoir des conséquences beaucoup plus graves s’ils sont organisés. Il n’est pas du tout certain non plus que les émeutiers se cantonneront toujours dans leurs propres quartiers. On imagine ce que représenterait une « descente » de ces jeunes révoltés vers les quartiers aisés des centres villes.

Cette perte de valeurs n’est pas le fait des seuls adolescents issus de l’immigration, même si elle prend chez eux des formes extrêmes et se traduit, pour une minorité, par des actes éminemment condamnables. Elle concerne en fait l’ensemble d’une société où les « valeurs républicaines » sont contrebattues chaque jour par les chimères de l’enrichissement, du confort égoïste, de la mondialisation sans âme.

Ce modèle français est-il définitivement hors service ? Quels que soient ses échecs récents, pour le condamner, il faudrait pouvoir en proposer un autre qui soit préférable. Ce n’est pas le cas. Pour le réhabiliter, il faudra du temps : une génération ou deux, bref l’intervalle qui nous sépare du milieu du siècle. Il y faudra beaucoup d’argent, moins cependant que le coût d’une nouvelle explosion qui ne serait plus le fait de quelques groupes minoritaires. Il y faudra surtout de la générosité, la vraie, celle du cœur, pour admettre sans réticence que nous avons une communauté de destin avec ceux qui se sentent aujourd’hui exclus d’une société qui a prétendu les accueillir. Cette solidarité est aussi une dimension essentielle du projet d’éco-région.

Ces trois grandes crises sont déjà présentes. Elles ont toute chance de s’accentuer. Une stratégie pour y faire face s’impose, faute de quoi il serait vain de parler d’éco-région. Mais d’autres crises peuvent se produire d’ici la fin du siècle, qu’on n’a pas identifiées à ce jour.

3 – L’identification des ruptures et de leurs conséquences

On cherchera à raisonner, par rapport à ces trois crises majeures, déjà à l’œuvre en 2006, mais qui risquent de s’aggraver, comme pour les différents autres paramètres, en termes de ruptures. Sur chacun des thèmes qui seront abordés successivement –les thèmes économiques et sociaux (l’énergie, les transports, le logement et l’urbanisme, l’agriculture et la forêt) et les thèmes environnementaux (l’eau, l’air, les déchets et, bien sûr, les risques naturels et technologiques)-, on cherchera à imaginer comment on peut répondre aux trois grandes crises évoquées, mais aussi quels sont les ruptures possibles. Parmi ces ruptures, certaines peuvent être favorables à l’émergence de l’éco-région (ruptures vertueuses), d’autres comportent des risques graves (ruptures dangereuses) qu’il convient d’écarter. Comme exemple des premières, citons un éventuel changement de comportement vis-à-vis des déplacements à longue distance, et notamment du transport aérien. Parmi les secondes, citons une dégradation des sols et de la qualité des eaux par abus de pesticides et autres produits chimiques. Ces ruptures –encore une fois possibles mais nullement certaines et, pour certaines, même peu probables- une fois identifiées, il faudra mettre en évidence les mesures à prendre pour éviter les ruptures dangereuses ou en limiter les effets néfastes, et inversement pour encourager les ruptures vertueuses et en tirer le meilleur parti.

IV – LES DIFFICULTES PREVISIBLES

Un tel exercice de réflexion prospective se heurte à de nombreuses difficultés. Mentionnons-en trois.

1 – Les niveaux de responsabilité

La question a déjà été posée à propos de l’élaboration du nouveau SDRIF. De nombreuses mesures souhaitables – et tel est le cas de beaucoup des « 200 propositions » d’IDFE – ne sont pas de la responsabilité de la région. Beaucoup dépendant soit de niveaux supérieurs :

  • national, par exemple les mesures concernant le droit de l’urbanisme oulles aides au logement ;
  • européennes, par exemple les aides aux implantations d’entreprises qui ne doivent pas « fausser la concurrence » ;
  • voire mondiales, par exemple les dispositifs du type de celui de Kyoto pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

D’autres au contraire dépendent de niveaux inférieurs :

  • le département, par exemple pour la mise ne œuvre de la politique d’espaces naturels sensibles ;
  • la commune ou l’intercommunalité, par exemple pour la mise en œuvre des politiques d’urbanisme (à travers les SCOT, les PLU et les cartes communales) et la délivrance des autorisations d’occupation du sol.

La difficulté est certaine. Il serait cependant absurde et inefficace de se limiter à n’envisager que des mesures qui sont du ressort de la région. La création d’une éco-région d’Ile-de-France ne pourra se faire sans un appui des autorités européennes et nationales et sans des relais dans les collectivités locales.

Mais il appartient à la région d’insuffler un état d’esprit :

  • en précisant sa conception de l’éco-région, en la faisant connaître et en la justifiant ;
  • en mettant au point un SDRIF qui constitue le cadre de la première étape de mise en œuvre de l’éco-région ;
  • en donnant l’exemple, en faisant des bâtiments qui dépendent d’elle (les lycées notamment) des vitrines d’un aménagement durable (haute qualité environnementale des bâtiments, utilisation de l’énergie, etc.).

La prospective de l’éco-région, tout en soulignant ce qui est du ressort de la région, n’exclura donc pas ce qui ressortit de politiques européennes, nationale sou locales.

2 – Les difficultés inhérentes à l’exercice de prospective

Une première difficulté sera de bien mesurer ce qui ressortit du probable, du plausible, du possible, du vraisemblable, du souhaitable. Par définition, l’éco-région correspondant à l’avenir que nous souhaitons pour l’Ile-de-France, on privilégiera le souhaitable. Mais on a dit que ce souhaitable devait être plausible. Pour s’en assurer, il faudra également évoquer les évolutions les plus probables. C’est en tout état de cause nécessaire pour cerner les risques qui menacent la région. A quoi servirait-il de décrire un avenir enchanteur, plausible même s’il ne constitue pas l’évolution la plus probable, si l’on ne commençait pas par mettre en évidence les risques les plus importants, notamment mais pas exclusivement ceux liés aux trois crises graves qu’on a évoquées, et par proposer des moyens pour y faire face ou en réduire les conséquences néfastes ? Il importera cependant de toujours faire clairement apparaître et de justifier ce qui ressortit du probable, du vraisemblable, du plausible et du souhaitable.

La prospective ne se limite pas à décrire une pluralité d’avenirs. Elle part d’une pluralité d’avenirs imaginés et cherche à définir les cheminements qui permettent de parvenir à l’un ou à l’autre. De même qu’il faudra analyser les risques des évolutions ou des ruptures qu’on a qualifiées de dangereuses et définir les moyens d’y faire face, il sera indispensable de bien présenter les étapes de l’émergence de l’éco-région, les ruptures vertueuses qui peuvent y conduire et qu’il faudra encourager, les décisions majeures qui permettront de l’atteindre.

 


[1] Pour la première fois autour de 1970 dans le cadre du programme SESAME, dont on a surtout retenu le « Une image de la France en l’an 2000 : scénario de l’inacceptable » présentant une France très urbanisée, une population concentrée près des côtes et de vastes zones intérieures désertiques, Paris, La Documentation française, Travaux et recherches de prospective, 1971

[2] Voir IIe partie, chapitre VII.

[3] DECOUFLE (André-Clément) et alii, Traité élémentaire de prévision et de prospective, Paris, PUF, 1978.

[4] JOUVENEL (Bertrand de ), L’art de la conjecture, Paris, SEDEIS, 1972, 385 p.

Voir aussi du même auteur, Arcadie, essais sur le mieux-vivre, Paris, SEDEIS, 1969, 388 p.

[5]  DECOUFLE, op. cit.

[6] MASSE (Pierre), Le plan ou l’anti-hasard, Paris, Gallimard, 1965.

[7] Voir chapitre III.

[8] Voir IIe partie, chapitre I.

[9] Travaux de nombreux scientifiques, en particulier ceux de JANCOVICI (Jean-marc) et de JOUZEL (Jean) et LORIUS (Claude), op. cit.

[10] ibidem.

[11] Voir chapitre I.

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